Le couperet est tombé, et Sony ne fera pas machine arrière. Le constructeur japonais a officiellement confirmé qu'il ne reviendra pas sur sa décision d'abandonner progressivement les supports physiques pour ses futurs jeux PlayStation, malgré les nombreuses réactions négatives de la communauté.
Une échéance fixée à janvier 2028
Cette bascule stratégique concernera l'ensemble des titres PlayStation, de la PS4 aux futures PS6, avec une fin du support physique entérinée dès janvier 2028. Concrètement, tous les nouveaux jeux développés par Sony à partir de 2028 seront commercialisés exclusivement en version dématérialisée.
Lors de la dernière présentation des résultats financiers, la directrice financière Lin Tao a confirmé que PlayStation poursuivra la réduction progressive du support physique, expliquant que ce choix résulte avant tout de l'évolution du marché et que la numérisation des contenus ne concerne pas uniquement PlayStation, mais l'ensemble de l'industrie du divertissement.
Les chiffres qui justifient la décision
Sony s'appuie sur une réalité économique difficile à contester : la part des téléchargements dématérialisés représente désormais entre 82 % et 85 % des ventes de jeux complets sur les consoles actives, reléguant le format optique à environ 15 %. Pour la direction financière, le maintien des lignes de pressage de disques Blu-Ray et de la logistique physique génère des coûts fixes devenus disproportionnés.
Cette stratégie s'inscrit dans un mouvement plus large : la fermeture progressive des PlayStation Stores dédiés aux PS3 et PS Vita est échelonnée entre 2026 et l'été 2027, mettant fin à toute nouvelle acquisition de contenu sur ces plateformes, même si Sony assure la pérennité du téléchargement des achats passés.
Une communauté divisée, des inquiétudes bien réelles
Sony se veut rassurant sur la forme : l'entreprise se dit compréhensive, entendant les joueurs et les émotions qu'ils ressentent, mais invoque la progression permanente de la digitalisation du contenu. Sur le fond, en revanche, les critiques restent vives.
Le cœur du problème : la notion de propriété. En supprimant le support physique, Sony renforce un modèle où les joueurs ne possèdent plus réellement un support matériel, mais uniquement une licence numérique dépendante de l'écosystème PlayStation. Si un jeu venait à être retiré du PlayStation Store, son accès pourrait devenir beaucoup plus compliqué. Certains observateurs anticipent d'ailleurs un effet secondaire : historiquement, ce type de situation a souvent favorisé le développement des scènes de modification de consoles et du piratage, entre préservation d'œuvres retirées du commerce et contournement pur des protections.
S'ajoutent à cela la colère des collectionneurs, les craintes sur la conservation du patrimoine vidéoludique et les risques de monopole tarifaire — sans marché de l'occasion pour faire pression sur les prix, Sony contrôlerait entièrement la tarification de son catalogue.